Mardi 15 août 2006
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11:22
Eh bien voilà, la moto roule enfin …
Malheureusement, la deuxième tentative de réparation a été infructueuse aussi.
Le moment de désespoir passé, il a bien fallu se résigner à prendre la décision que nous redoutions d’avoir à prendre : La commande d’une boîte de vitesse neuve.
Et là, évidemment, la situation se débloque très vite. Le remontage est maintenant pour nous une formalité.
Il n’y a plus qu’à aller roder cette maudite boîte de vitesse.
Samedi et dimanche, une petite balade de 800 kilomètres entre Camargue, viaduc de Millau et gorges du Tarn fera l’affaire.
Nous avons enfin retrouvé le plaisir de rouler et pouvons commencer à refaire des projets de voyage…
Pourquoi ne pas aller faire un tour en Afrique de l’Ouest l’hiver prochain ???
Peut-être une future aventure ?
Par Alain ARNAUD
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Mardi 13 juin 2006
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22:18
Vous pensiez sérieusement que l'aventure était finie? Eh bien, détrompez-vous!
Nous vivons depuis la réception de la moto une autre aventure: La réparation de celle-ci. Ou tout du moins, les tentatives de réparations...
Tout d'abord, et heureusement, nous avons facilement détecté l'origine de toutes nos misères.
Après dépose de la boîte de vitesse, nous avons constaté que le roulement à billes maintenant l'arbre d'entrée de la boîte était complètement détruit. En se mettant de travers, l'arbre a abîmé la butée d'embrayage qui elle-même a détruit le récepteur hydraulique de commande d'embrayage.
Reste à trouver le moyen de réparer.
Simple me direz vous: Il n'y a qu'a aller chez le concessionnaire BMW le plus proche... Evidemment ! Sauf, que celui-ci ne veut pas mettre ses mains dans la boîte et me conseille gentiment d'en acheter une neuve. Il suffit de faire un chèque de 2200 euros...
Je me tourne donc vers une viellle connaissance, Christophe, qui sans être agent ou concessionnaire ne travaille que sur des BMW qu'il connaît donc par cœur.
En route vers l'Ardèche pour lui livrer la boîte que nous avons démontée.
Après trois semaines d'attente, c'est le moment d'aller la récupérer. Re-400 kilomètres de virages en voiture.
Le week-end suivant est consacré au remontage de la moto.
Et là, désespoir: Quand celle-ci est prête pour la mise en route, les vitesses ne passent pas !!!
Christophe doit livrer une moto dans deux semaines dans les environs de Sisteron.
Il pourra voir lui-même de quoi il ressort, boîte en place.
Le temps passe. Trois semaines encore sans moto lorsque celui-ci vient enfin. Bien entendu, encore une journée de travail pour la dépose...
Deuxième réparation dans l'antre du mécano ardéchois. 10 jours plus tard, nous revoilà sur la route pour un aller retour (le dernier ?) en nous disant que cette fois ça va marcher.
Le week-end prochain va être consacré au deuxième remontage. Le garage va enfin pouvoir être accessible, car depuis tout ce temps, la moto est plantée en plein milieu, coupée en deux. Et en plus, nous allons pouvoir rouler en moto !!!! Car depuis cinq mois, c'est la misère...
Une chose est certaine: Heureusement que nous n'avons pas entrepris le démontage en Afrique. Nous y serions toujours, certes un peu plus bronzés...
Par Alain ARNAUD
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Samedi 1 avril 2006
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11:48
En route pour Marseille. Nous avons été prévenus lundi que la moto était enfin disponible à Marseille.
Il aura fallut pratiquement 2 mois pour qu'elle soit rapatriée... Les formalités sont vite expédiées, la SCAC ayant tout réglé auparavant, il suffit de rédiger un « petit » chèque de cent euros, et nous nous dirigeons vers les entrepôts ou nous retrouvons, au milieu de sacs de fèves de cacao, notre moto telle que nous l'avions laissée à Dakar. Juste une bonne couche de poussière en plus. Rien ne manque, pas de dégât à déplorer. Il ne reste plus qu'à déballer les bagages, charger la moto sur la remorque et remonter doucement vers Sisteron. On ne peut s'empêcher, aussitôt la moto devant le garage, de la faire tourner un peu. Etrange, les bruits consécutifs à la panne nous paraissent moins importants ici... Il faut dire que le contexte n'est plus le même. Nous n'avons plus, pour le moment, des milliers de kilomètres à faire sur des routes improbables et des pistes défoncées, sous une chaleur torride. Le lavage et le rangement du matériel qui était resté sur la moto nous font revivre un second retour de voyage. C’est sympa, deux arrivées pour le prix d’une…
Une autre aventure va commencer: la réparation... Mais c'est pour le moment, une autre histoire.
Par Alain ARNAUD
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Jeudi 2 mars 2006
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16:12
C'est en direct du grand aéroport international de Conakry que nous vous envoyons nos dernières nouvelles en attendant que l'avion qui va nous réexpédier vers la maison arrive.
Grand aéroport… C’est vite dit. En fait, un hangar à peine amélioré sert d’aérogare, et les très rares écrans n’indiquent pour cette soirée qu’une arrivée et un départ. Notre avion en provenance de Paris et qui y repartira après une heure et demi. L’aéroport est en fait ouvert pour un avion, et pratiquement rien que pour nous. Quel luxe !
Pendant notre séjour a Fria, nous avons voulu reprendre un peu d'activité. Le marché multicolore et si animé, ça va bien un moment, mais l'envie de bouger est plus forte. C’est ainsi que nous sommes partis vers les chutes de Bogoro. Un parcours dans le style Indiana Jones, j'exagère à peine, surtout pour cette pauvre R9 qui se retrouve avec un passager supplémentaire sur une piste chaotique. En effet, Rambo, un voisin de la famille Barry qui nous héberge s'est proposé de nous servir de guide. Heureusement, car il aurait été difficile de se diriger seuls dans ce dédale de pistes et sentiers. Le dernier sentier, d'ailleurs, pas mal question sensations pour le postérieur tellement la descente est raide pour se retrouver dans une forêt de lianes qui cachent pratiquement la cascade en question. Quel site, ça rappelle vraiment les décors des films de Tarzan que nous regardions étant plus jeunes.
Au retour, surprise, plus d'essence a Fria. Nous comprenons immédiatement à quoi servent les bouteilles de ce précieux carburant disposées devant les échoppes. Le prix du litre flambe brutalement et les spéculateurs prennent leur bénéfice.
Nous avons quitté Fria pour nous rendre au nord de Boffa, sur la plage de Sobané. Dans le style paradisiaque, c'est pas mal. Nous passons ici deux jours a nous reposer, marcher et découvrir les villages de pêcheurs alentours.
Depuis ce matin nous sommes à Conakry. Une ville qui n'a de ville que le nom tellement ça ne ressemble à rien...
Amoncellement de gargotes, paillotes avec quelques vieux immeubles qui émergent de ce fratas remplis de poubelles et ou circule plutôt mal que bien les épaves de voitures au milieu des gros 4X4 climatises. Contrastes entres les quartiers des maisons riches et ce qui pourrait être des bidon-villes.
Un dernier riz gras pour tenir la route, et nous voila en france.
Une autre aventure nous attend. La réparation de cette pauvre BM qui nous a tant manquée...
A très bientôt.
Amitiés
Chris et Alain
Par Alain ARNAUD
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Jeudi 2 mars 2006
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16:11
Nous avons enfin de l'électricité, un cyber café et un clavier potable pour vous envoyer un peu de nos nouvelles.
Nous sommes arrivés hier soir à Fria ou nous avons été accueillis par la soeur de Mame, l'amie guinéenne et infirmière d'Audrey. Toujours un accueil très chaleureux. Les guinéens ont gardé ce sens de l'hospitalité que nous avons perdu depuis trop longtemps. En plus ils sont si attachant... Et le pays si beau !!!
Ici la nature est reine. Des montagnes du Fouta Jalon aux grandes forets du sud du pays, il y a une telle diversité de paysages que l'on ne peut s'en lasser. De plus, la Guinée est considérée comme le château d'eau de l'Afrique de l'ouest. A juste titre d'ailleurs. De partout de l'eau, des rivières, fleuves, torrents, cascades... Sans parler de ces pistes interminables de latérite rouge où il serait si bon de rouler en moto... (putain de BM...!!!)
Il y aurait ici de quoi faire un paradis touristique si... si seulement le pays était mieux géré... Un pays riche en ressources naturelles, en réserves hydroélectriques...
Oui mais voilà, c'est ainsi. Pour l'instant, c'est un pays très difficile d'accès, difficile à vivre à cause de ce manque d'électricité récurent, à cause de ces routes qui n'en n'ont que le nom, à cause de son manque d'infrastructures...
Nous voulions découvrir un pays africain authentique, pas encore pourri par les clubs Med. et autres, eh bien, c'est gagné et nous l'apprécions pleinement.
Malheureusement, les meilleures choses ont une fin, et dans même pas une semaine nous serons déjà à Sisteron. Adieu le passage au Mali ou nous espérions découvrir Bamako, à plus tard la route de l'Espoir au sud est de la Mauritanie, a plus tard le Maroc et les amis qui nous y attendaient...
Mais le voyage n'est pas encore terminé, et même si nous pensons déjà au prochain, il nous reste quelques jours à passer ici et nous entendons bien les mettre à profit au maximum.
Nous commençons à comprendre le pays, à situer les différentes ethnies et les régions.
Pour info, sachez tout d'abord que quand on voyage en taxi brousse, que l'on passe la frontière Sénégal / Guinée, le taxi, en général une plus que vieille 505 break, passe de 7 à 9 passagers. Pas que la voiture s'allonge ou s'élargisse, non, on se serre simplement un peu plus. Comme si s'était possible... En plus des bagages qui rejoignent le toit du véhicule, attachés par de simples ficelles, un apprenti et un mécano voyagent aussi sur le toit. Vu l'état des routes, ou plus souvent des pistes, imaginez le confort! Il ne faut surtout pas oublier de rajouter à ce tableau la poussière et la chaleur inimaginable de France à cette période de l'année.
Nous naviguons donc entre les différentes régions, Fouta, Haute Guinée, Guinée forestière, Basse Guinée, Guinée maritime et d'une ethnie à l'autre. Après avoir traversé le pays des Peuls, nous avons traversé la région des Malinkés, fait une petite incursion dans le minuscule territoire des Kissis pour finir chez les Soussous (orthographe incertaine...).
Nous vous avions laissés à bord de notre taxi (une R9 de 20 ans) au milieu de la brousse en flammes.
Les gens du village que nous venions de quitter avaient du même coup un grill géant pour faire cuire leurs tranches de boa...
Pour notre part, à grand renfort de coup de branches sur les flammes qui bordaient la piste nous avons pu nous extraire de cette mauvaise passe afin de rejoindre à la tombée de la nuit une chambre "d'hôtel" au coeur de la ville de Kissidougou.
Difficile d'imaginer l'arrivée de nuit dans une grande ville qui n'a pas d'électricité, qui n'a pas de revêtement sur les chaussées qui ressemblent plus à des zones de trial pour 4x4 qu'à des rues...
Sana oublier ce désir d'une bonne douche pour essayer d'effacer les stigmates d'une journée trop chaude et poussiéreuse... Et bien entendu à l'hôtel, dans le meilleur des cas, un seau d'eau pour la douche et une bougie pour s'éclairer...
A peine la douche prise, après avoir r'enfilé un tee shirt, on recommence à transpirer...
Cela ne nous empêche pas de continuer notre périple.
En venant en Guinée, nous avions la ferme intention de nous rendre en Guinée forestière pour y rencontrer les hippopotames.
Pour cela il faut dans un premier temps se rendre à Kankan. 180 km d'une route constellée de trous capables d'engloutir notre voiture toute entière. Pourtant, sur la carte IGN, un beau trait rouge rectiligne reliait les deux villes...
Après avoir ravitaillé à Kankan, au cas ou, nous quittons la ville par la RN1. Nous pensions avoir à faire à une belle route goudronnée.
A peine sortis de la ville, un panneau inquiétant indique des travaux pendant 150 km. Nous devons emprunter cette route pendant 86 km avant de bifurquer vers d'autres villages et le fleuve Milo ou sont sensé se prélasser les fameux mammifères aquatiques.
En fait, la route est une mauvaise piste défoncée. Avant la nuit, nous ne parcourons que 40 km. Comme il est trop dangereux de continuer, nous demandons l'hospitalité dans un village de brousse.
C'est ainsi que nous passons la nuit dans la case du chef du village sous les yeux lumineux d'une énorme araignée que je ne pense pas avoir réussi à tuer...
Pendant la nuit, et durant toute celle ci, un orage tropical, évidemment, se déchaîne. La case est bien étanche.
Le lendemain, il nous faudra encore trois heures de piste et le franchissement de gués assez profonds pour arriver au village de pêcheurs qui se trouve sur le bord du fleuve.
Nous trouvons rapidement un guide qui va nous conduire vers les bestiaux.
Encore un peu de voiture, et le sac a dos prend le relais. 2 heures de marche au beau milieu de la journée pour rejoindre le site.
Et à peine arrivés, juste devant nous, des bulles...
Nous ne les quittons pas des yeux pour voir émerger, à quelques mètres, deux oreilles et un oeil, qui dés qu'il nous a repéré donne l'ordre à la bestiole de replonger... C'est tout ce que nous verrons malgré une heure de marche le long du site.
En fait, si nous avions été en moto, j'avais prévu de camper ici afin de pouvoir les voir le soir et le matin. En milieu de journée, il fait bien trop chaud, et les hippos restent immergés. Comme il y a beaucoup d'eau vous avez tout compris !
Total. 220 km de piste, 5 heures de marche pour voir deux oreilles et un oeil d'hippopotame. Il faut y croire vraiment...
La suite de notre voyage s'effectue plus sereinement. Nous allons peu à peu nous rapprocher de la capitale Conakry. Après une halte à Mamou, grand croisement routier du pays, nous faisons une courte halte à Kindia oû nous rencontrons une Sisteronaise, Aurélie Volpe, qui donne une partie de sa vie pour essayer d'apporter un peu d'aide aux gens de cette ville et de ce pays dans le cadre de l'action de l'association "Guinée 44".
Depuis hier soir donc, nous sommes à Fria ou nous passons ce dimanche à nous reposer et à vous écrire.
Mais ce n'est pas le tout, malgré le manque d'électricité je suis sur que nous allons maintenant trouver deux coca bien frais et quelques morceaux d'ananas fraîchement coupés...
Nous allons déguster en pensant à vous, promis.
Par Alain ARNAUD
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