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Jeudi 2 mars 2006
Nous avons enfin de l'électricité, un cyber café et un clavier potable pour vous envoyer un peu de nos nouvelles.
Nous sommes arrivés hier soir à Fria ou nous avons été accueillis par la soeur de Mame, l'amie guinéenne et infirmière d'Audrey. Toujours un accueil très chaleureux. Les guinéens ont gardé ce sens de l'hospitalité que nous avons perdu depuis trop longtemps. En plus ils sont si attachant... Et le pays si beau !!!
Ici la nature est reine. Des montagnes du Fouta Jalon aux grandes forets du sud du pays, il y a une telle diversité de paysages que l'on ne peut s'en lasser. De plus, la Guinée est considérée comme le château d'eau de l'Afrique de l'ouest. A juste titre d'ailleurs. De partout de l'eau, des rivières, fleuves, torrents, cascades... Sans parler de ces pistes interminables de latérite rouge où il serait si bon de rouler en moto... (putain de BM...!!!)
Il y aurait ici de quoi faire un paradis touristique si...  si seulement le pays était mieux géré... Un pays riche en ressources naturelles, en réserves hydroélectriques...
Oui mais voilà, c'est ainsi. Pour l'instant, c'est un pays très difficile d'accès, difficile à vivre à cause de ce manque d'électricité récurent, à cause de ces routes qui n'en n'ont que le nom, à cause de son manque d'infrastructures...
Nous voulions découvrir un pays africain authentique, pas encore pourri par les clubs Med. et autres, eh bien, c'est gagné et nous l'apprécions pleinement.
Malheureusement, les meilleures choses ont une fin, et dans même pas une semaine nous serons déjà à Sisteron. Adieu le passage au Mali ou nous espérions découvrir Bamako, à plus tard la route de l'Espoir au sud est de la Mauritanie, a plus tard le Maroc et les amis qui nous y attendaient...
Mais le voyage n'est pas encore terminé, et même si nous pensons déjà au prochain, il nous reste quelques jours à passer ici et nous entendons bien les mettre à profit au maximum.
Nous commençons à comprendre le pays, à situer les différentes ethnies et les régions.
Pour info, sachez tout d'abord que quand on voyage en taxi brousse, que l'on passe la frontière Sénégal / Guinée, le taxi, en général une plus que vieille 505 break, passe de 7 à 9 passagers. Pas que la voiture s'allonge ou s'élargisse, non, on se serre simplement un peu plus. Comme si s'était possible...  En plus des bagages qui rejoignent le toit du véhicule, attachés par de simples ficelles, un apprenti et un mécano voyagent aussi sur le toit. Vu l'état des routes, ou plus souvent des pistes, imaginez le confort! Il ne faut surtout pas oublier de rajouter à ce tableau la poussière et la chaleur inimaginable de France à cette période de l'année.
Nous naviguons donc entre les différentes régions, Fouta, Haute Guinée, Guinée forestière, Basse Guinée, Guinée maritime et d'une ethnie à l'autre. Après avoir traversé le pays des Peuls, nous avons traversé la région des Malinkés, fait une petite incursion dans le minuscule territoire des Kissis pour finir chez les Soussous (orthographe incertaine...).
Nous vous avions laissés à bord de notre taxi (une R9 de 20 ans) au milieu de la brousse en flammes.
Les gens du village que nous venions de quitter avaient du même coup un grill géant pour faire cuire leurs tranches de boa...
Pour notre part, à grand renfort de coup de branches sur les flammes qui bordaient la piste nous avons pu nous extraire de cette mauvaise passe afin de rejoindre à la tombée de la nuit une chambre "d'hôtel" au coeur de la ville de Kissidougou.
Difficile d'imaginer l'arrivée de nuit dans une grande ville qui n'a pas d'électricité, qui n'a pas de revêtement sur les chaussées qui ressemblent plus à des zones de trial pour 4x4 qu'à des rues...
Sana oublier ce désir d'une bonne douche pour essayer d'effacer les stigmates d'une journée trop chaude et poussiéreuse... Et bien entendu à l'hôtel, dans le meilleur des cas, un seau d'eau pour la douche et une bougie pour s'éclairer...
A peine la douche prise, après avoir r'enfilé un tee shirt, on recommence à transpirer... 
Cela ne nous empêche pas de continuer notre périple.
En venant en Guinée, nous avions la ferme intention de nous rendre en Guinée forestière pour y rencontrer les hippopotames.
Pour cela il faut dans un premier temps se rendre à Kankan. 180 km d'une route constellée de trous capables d'engloutir notre voiture toute entière. Pourtant, sur la carte IGN, un beau trait rouge rectiligne reliait les deux villes...
Après avoir ravitaillé à Kankan, au cas ou, nous quittons la ville par la RN1. Nous pensions avoir à faire à une belle route goudronnée.
A peine sortis de la ville, un panneau inquiétant indique des travaux pendant 150 km. Nous devons emprunter cette route pendant 86 km avant de bifurquer vers d'autres villages et le fleuve Milo ou sont sensé se prélasser les fameux mammifères aquatiques.
En fait, la route est une mauvaise piste défoncée. Avant la nuit, nous ne parcourons que 40 km. Comme il est trop dangereux de continuer, nous demandons l'hospitalité dans un village de brousse.
C'est ainsi que nous passons la nuit dans la case du chef du village sous les yeux lumineux d'une énorme araignée que je ne pense pas avoir réussi à tuer...
Pendant la nuit, et durant toute celle ci, un orage tropical, évidemment, se déchaîne. La case est bien étanche.
Le lendemain, il nous faudra encore trois heures de piste et le franchissement de gués assez profonds pour arriver au village de pêcheurs qui se trouve sur le bord du fleuve.
Nous trouvons rapidement un guide qui va nous conduire vers les bestiaux.
Encore un peu de voiture, et le sac a dos prend le relais. 2 heures de marche au beau milieu de la journée pour rejoindre le site.
Et à peine arrivés, juste devant nous, des bulles...
Nous ne les quittons pas des yeux pour voir émerger, à quelques mètres, deux oreilles et un oeil, qui dés qu'il nous a repéré donne l'ordre à la bestiole de replonger... C'est tout ce que nous verrons malgré une heure de marche le long du site.
En fait, si nous avions été en moto, j'avais prévu de camper ici afin de pouvoir les voir le soir et le matin. En milieu de journée, il fait bien trop chaud, et les hippos restent immergés. Comme il y a beaucoup d'eau vous avez tout compris !
Total. 220 km de piste, 5 heures de marche pour voir deux oreilles et un oeil d'hippopotame. Il faut y croire vraiment...
La suite de notre voyage s'effectue plus sereinement. Nous allons peu à peu nous rapprocher de la capitale Conakry. Après une halte à Mamou, grand croisement routier du pays, nous faisons une courte halte à Kindia oû nous rencontrons une Sisteronaise, Aurélie Volpe, qui donne une partie de sa vie pour essayer d'apporter un peu d'aide aux gens de cette ville et de ce pays dans le cadre de l'action de l'association "Guinée 44".
Depuis hier soir donc, nous sommes à Fria ou nous passons ce dimanche à nous reposer et à vous écrire.
Mais ce n'est pas le tout, malgré le manque d'électricité je suis sur que nous allons maintenant trouver deux coca bien frais et quelques morceaux d'ananas fraîchement coupés...
Nous allons déguster en pensant à vous, promis.
Par Alain ARNAUD - Publié dans : untaxipourconakry
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