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Jeudi 2 mars 2006

D’abord, sachez que nous commençons à souffrir vraiment. Pensez un peu, 33° et être obligé de se mettre à l'ombre de préférence dans un endroit climatisé... C'est pas une vie...
De plus, ici c'est la coupe africaine de foot... Nous adorons ça, c'est pas mal. D'un autre coté, c'est bien, car quand il y a un match, personne ne fait attention à nous.
Comme prévu nous avons fait notre baptême de la visite organisée. Nous sommes allés visiter le fameux parc du Djoud en taxi... Quand on voit la belle piste de latérite rouge que nous avons empruntée pour nous y rendre, quand on voit la savane qui entoure cette dernière, il y a de quoi avoir certains regrets et quelques frustrations. Un bivouac là au milieu aurait été le rêve. Mais bon, malgré tout, la visite a été passionnante. Des dizaines de milliers d'oiseaux, des varans, des crocodiles qui salivent en nous voyant passer sur notre frêle pirogue en se disant que le gros blanc ferait un bon amuse gueule, et des phacochères qui ont une vie de rêve en comparaison de nos sangliers. La chasse est ici interdite...
Il faut voir ces étendues d'eau couvertes de canards siffleurs, ces vols de pélicans... Mais le point d'orgue de la visite est certainement le nichoir des pélicans. Imaginez une île au milieu du marigot, couverte de milliers de pélicans... Nous reconnaissons les jeunes nés en novembre / décembre car ils sont gris. Ils sont déjà aussi gros que les adultes car il faut qu'ils sachent voler avant que le marigot ne soit asséché, les chacals se feront un festin des jeunes qui ne seront alors plus protégés par l'eau. Il a bien fallut, car nous étions à bord, que la pirogue tombe un peu en panne...
Retour en taxi vers St Louis, en croisant sur la route deux singes en balade.
Le lendemain je pars seul vers Dakar en moto. Il reste 275 kilomètres pour y arriver. Pas plus loin que la sortie de St Louis, je suis obligé de commencer à donner un peu de bakchich à un flic qui a estimé ma conduite dangereuse... Il a quand même fallut débourser l'équivalent de 30 de nos bons vieux francs pour pouvoir repartir. (Je sais, ce genre d'amende, en France, on en rêverait presque...).
Je prends plaisir à rouler malgré le bruit infernal de l'embrayage. Je traverse des paysages de savane ou l'on pourrait s'attendre à tout moment à voir apparaître un troupeau de girafes ou un lion. Malheureusement, il y a bien longtemps que l'homme a tout tué et occupé le territoire.
Je ne peux pas résister à une petite pose casse croûte au bord de la route au milieu d'une forêt de baobabs. J'essai de mesurer approximativement l'un d'eux, 25 mètres de circonférence!
Il est temps de reprendre la route pour la dernière étape en moto. Et ce sera bien là la plus difficile. A une quarantaine de kilomètres de Dakar, à partir de Rufisque, ce sont des kilomètres d'embouteillages. Avec un embrayage en vrac, ce n'est pas le pied. Je profite un moment d'une ambulance qui remonte la file, mais au bout d'un moment, à un croisement, ce n'est pas du goût d'un flic qui me bloque à un carrefour. Je suis obligé d'arrêter le moteur chaque fois que je ne peu plus avancer.
Arrivé devant chez le transitaire, je n'ai plus d'embrayage du tout. Il était temps.
Demi-miracle donc, car impossible de réparer à Dakar, mais la moto est arrivée jusqu'ici, et ça nous sauve la mise...
Je m'installe pour quelques nuits au Cercle de voile de Dakar, peut être va-t-on se reconvertir dans la navigation maritime; le temps de régler les formalités de renvoi de la moto, d'attendre que Chris me rejoigne en taxi brousse, et d'organiser la suite de notre voyage.
Cadre sympa au calme, au milieu des "routards " de la mer, loin du centre ville.
Hier Chris a effectué son premier voyage en taxi brousse de St Louis à Dakar, d'après elle, ça promet pour la suite...
Nous nous détendons un peu en allant marcher vers le quartier des pêcheurs, à quelques centaines de mètres d'ici.
Spectacle impressionnant que le déchargement de tonnes de poissons des pirogues qui arrivent de cinq jours de mer.
Les bacs de poissons sont directement vidés sur la plage pour être vendus aux mareyeurs qui les rechargent dans des camions en alternant couches de poissons et de glace.
Beaucoup de monde travaille ici afin d'assurer sa survie.
Et pourtant, ici la richesse côtoie cette misère. Nous sommes dans un quartier luxueux de Dakar.
Aujourd'hui, farniente avec visite de la célèbre mais trop touristique île de Gorée, achat pour le moins animé de deux sacs à dos dans les rues commerçantes du centre de Dakar, et pose devant la clim. arrêtée du cyber café.
Demain nous quittons Dakar pour nous rapprocher de la réserve animalière de Bandia... en taxi brousse...

Par Alain ARNAUD - Publié dans : untaxipourconakry
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